La chirurgie plastique : est-ce encore de la médecine ? (II)
LES INDICATIONS
Tout autant que dans la chirurgie fonctionnelle, les indications doivent être parfaitement posées. En effet, il ne s’agit pas de poser seulement un acte tech
nique mais d’en connaître toutes les nuances et surtout de cerner le souhait du patient et s’assurer de ses espoirs face aux résultats de l’intervention proposée. On saisit mieux la portée de ces interventions en voyant la transformation profonde survenue chez certains opérés car un défaut physique même mineur peut retentir sur le mental de façon importante.
Il faut donc qu’un frein soit appliqué aux frénésies de certains opérateurs et surtout de certains candidats aux opérations qui souhaitent parfois avoir le
nez, les yeux, les hanches, les seins dictés par la mode.
Tout ceci est encouragé par le matraquage publicitaire et tout le marché qui en découle et qui a pris des proportions étonnantes : certains chirurgiens sont affiliés à des centres de beauté ou recourent à la publicité. Ce ne sont le plus souvent ni les plus habiles, ni les plus honnêtes.
La réaction qui leur est opposée est assez curieuse: tant que ces pratiques étaient peu courantes, une grande sévérité était appliquée dans la réprobation
puis au fur et à mesure qu’elles se répandent, l’indulgence s’accroît.
En effet à côté des techniques chirurgicales, il existe toute une série de techniques non invasives telles que les peelings, les injections de matériaux de comblement ou de Botox qui dans les cas de vieillissement de la face par exemple correspondraient mieux aux souhaits et aux espoirs des patientes plutôt que de la chirurgie. Seul un entretien suffisamment détaillé avec la patiente permettra de cibler ses buts. C’est pour cela que tout praticien de chirurgie esthétique doit maîtriser les différentes techniques mises à sa disposition afin de mieux cibler les indications chez ses patients. Par exemple : une liposuccion, si elle est simple, ne corrigera jamais un excès cutané abdominal ou au niveau des jambes. Seule une intervention de résection cutanée permettra de corriger.
CONCLUSION
La chirurgie et la médecine esthétiques restent des domaines médicaux qui ont un rôle social évident dans la mesure où elles permettent au patient d’une
part de mieux assumer son image et d’autre part de satisfaire aux besoins de la vie moderne. L’indulgence des disgrâces n’est plus de notre époque. Moralement nous pouvons le regretter mais c’est un fait. Nous devons parer à la faillite de la bienveillance par tous les moyens dont nous disposons.


